Chers amis de la paroisse,

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Depuis le début de cette épidémie une question me travaille :

Appliquons-nous les consignes sanitaires pour nous protéger nous-mêmes ou pour protéger les autres ? Question stupide me direz-vous, c'est pour les deux, c'est le bon sens ! Mais dans le fond, ce n'est peut-être pas si simple !

En temps ordinaire la médecine se doit avant tout d'apporter individuellement les soins les plus appropriés à chacun : c'est l'individuel, le « nous-mêmes » qui prime. En période d'épidémie, c'est l'intérêt collectif qui devient prioritaire : ralentir l'évolution de l'épidémie pour éviter tant que faire se peut le débordement des structures de soins. Et cela peut passer par une restriction des libertés individuelles pendant quelques semaines (droit de réunion, confinement, exclusions scolaires...), imposée par des directives d'état qui nous viennent « d’en haut » et l'on n'aime pas ça.

Plus largement, le curseur est toujours à placer entre deux extrêmes : respect absolu des libertés individuelles, le bonheur de chacun étant la seule source du bonheur collectif (c'est le fondement du libéralisme) ou carcan de règles communes strictes en vue d'un bonheur collectif imposant un « bonheur minimum vital » à chacun aux dépens de ses propres choix (c'est le collectivisme aux formes multiples). L'histoire de ce dernier siècle nous a montré les méfaits de ces deux extrêmes. Force est de reconnaître que notre société de consommation a poussé le curseur vers un libéralisme excessif très égocentrique.

Cette pandémie du Covid 19 restera très certainement l'un des tournants de l'histoire du XXIème siècle. Celle-ci montre la difficulté à accepter une catastrophe mondiale qui paraissait absolument inenvisageable il y a seulement quelques mois. Elle révèle également l'immense fragilité du système économique et financier mondial dominant, indépendamment de sa non-viabilité quant à la surexploitation des ressources planétaires. Cette catastrophe sanitaire, certainement aggravée par les comportements de déni et d'atermoiements de l'immense majorité des pays touchés, se résoudra à moyen terme. Mais plus rien ne sera comme avant. Il faut espérer qu'elle ouvrira les yeux des populations, de nous tous, comme de nos dirigeants, les incitant à prendre plus au sérieux les conséquences prévisibles de la catastrophe climatique qui s'avèrent beaucoup plus sévères et surtout irréversibles. Prendre des mesures d'urgence dès maintenant, faisant passer l'intérêt général avant les intérêts financiers des plus riches et les égoïsmes engendrés par la société de consommation s'impose. Cela ne sera possible qu'au prix de certaines contraintes, mais toujours dans le souci de préserver les plus défavorisés et les équilibres de vie de la planète.

A toutes ces questions, l'évangile ne donne pas de réponse directe mais une parole qui déplace :

« Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ».

L'amour n'est pas une vertu qui vient de nous-mêmes mais il se transmet. Il est reçu et donné à d'autres. On sait que les enfants qui n'ont pas été aimés auront beaucoup de difficultés à aimer en devenant adultes. L'amour de Dieu est donné à tous, indépendamment de nos qualités et de nos défauts, en Jésus-Christ qui a donné sa vie. A nous d'exercer notre « liberté contraignante » de transmettre cet amour, un amour qui ne meurt jamais, qui est la source d'une joie profonde même s'il incite à privilégier la vie de l'autre avant la nôtre.

Pardon pour ces propos bien austères ! Ils ne sont pas là pour décourager mais au contraire ils nous ouvrent à l'espérance. Le printemps arrive, les arbres en fleurs pour ceux qui ont le privilège d'en voir de leur fenêtre nous promettent le renouveau de la vie. Après le temps de carême vient celui de Pâques, celui de la résurrection...

Bon courage à tous et soutenons-nous les uns les autres dans la prière en gardant nos regards fixés sur le bout du tunnel !                                          

Roger-Michel Bory, président du Conseil de paroisse,

(prolongé malgré lui en attendant une nouvelle date d’AG !!!)